Déchéance de protection (Forfeiture)

La suspension de la protection d'une limite, causée par le franchissement de la même limite chez autrui. Les Droits obligent réciproquement : revendiquer un droit, c'est devoir le même droit à tout agent semblable à soi ; ainsi, un agent qui franchit sans consentement la limite d'autrui retire, par cet acte, la protection de la sienne — à la mesure du préjudice causé, et pas au-delà. La Déchéance de protection n'est ni accordée, ni votée, ni déclarée. Comme la Culpabilité, elle existe objectivement par la causalité ; un Jugement la découvre, il ne la crée jamais. La Déchéance de protection permet à la force de répondre au préjudice sans faire de la réponse un nouveau Crime. Un préjudice à l'intérieur d'une limite déchue de sa protection ne crée pas de Victime au sens normatif : l'agent subit bien un préjudice en fait — au sens descriptif — mais aucune limite protégée n'a été franchie ; il n'y a donc ni Violation, ni nouvelle Culpabilité, ni nouvelle dette morale. Voilà pourquoi celui qui se défend, le Punisseur agissant dans les limites du Mandat et de la Proportion, et celui qui met fin à un Hors-la-loi ne commettent aucun Crime, alors que les mêmes actes contre une limite intacte seraient des Crimes. La Déchéance de protection se déroule en trois phases. Tant qu'un franchissement est en cours ou immédiatement crédible, la protection de l'agresseur est déchue à l'égard de quiconque, dans la seule mesure de la force minimale nécessaire pour l'arrêter, comme dans l'Autodéfense. Une fois le préjudice commis, la déchéance est détenue par la Victime : elle s'étend jusqu'à la Proportion du préjudice causé et ne peut être exercée que par la Victime ou par un mandataire dans les limites de son Mandat. Lorsque l'offenseur a détruit la Victime — comme dans le Meurtre — la déchéance reste sans détenteur pour la borner, l'exercer ou la lever ; elle devient alors générale et permanente, et cet agent est un Hors-la-loi. La Déchéance de protection a exactement l'étendue du préjudice qui l'a créée. Toute force au-delà de cette mesure franchit une limite intacte : l'excès est un nouveau Crime avec une nouvelle Victime, et celui qui escalade devient l'agresseur. La déchéance prend fin lorsque la Justice clôt la dette morale par recouvrement ou remise ; les limites de l'ancien offenseur redeviennent alors entières, et lui porter préjudice crée une Victime comme toute autre. Une déchéance qui n'a jamais réellement existé ne protège personne qui agit en s'en prévalant : punir le mauvais agent, ou mettre fin à celui que l'on prend à tort pour un Hors-la-loi, franchit une limite intacte ; la responsabilité du préjudice suit alors la causalité — elle incombe au trompeur qui a obtenu l'acte par Fraude, et sinon à l'auteur de l'acte, quelles qu'aient été ses croyances.